Le livre

La vie politique de nombreux pays est marquée, depuis les années 1980, par la récurrence des scandales de corruption et des affaires politico-financières, et la dénonciation des manquements à la morale civique, des pratiques de favoritisme et des conflits d’intérêts est devenue une question centrale dans nos démocraties. Elle soulève de multiples débats, sur le rôle des dénonciateurs ou des « fuites », sur le droit à l’information, sur les valeurs publiques associées à la transparence. Le recours à l’histoire, clé de l’intelligence du présent, s’impose ici, en lien avec une analyse sociologique des acteurs — très divers : qui sont ces chevaliers blancs de la morale et ces promoteurs de la transparence des xixe et xxe siècles ? De quels vocabulaires et registres usent-ils ? Quels sont les profils sociaux et pratiques prioritairement visés ? Quels sont les contextes les plus favorables à l’essor des dénonciations ? Le présent ouvrage réunit des contributions d’historiens, de politistes et de sociologues venus de neuf pays. Ces contributions offrent, à travers un riche éventail d’études de cas révélateurs, passés et contemporains, une vision contrastée de la dénonciation, à la fois fruit de transformations de longue durée et témoin de l’entrée récente dans une ère marquée par des formes inédites de défiance à l’égard du pouvoir.